Argentine. Figure des Mères de la place de Mai, Hebe de Bonafini est morte

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D’hôpitaux en casernes, de tribunaux en morgues, à la recherche de ses enfants, elle se heurte partout à la même douleur. Le supplice est collectif et a le visage de la dictature militaire. Hebe de Bonafini, figure des Mères de la place de Mai argentines, est décédée dimanche 20 novembre, à l’âge de 93 ans. Femme au foyer, qui achève son parcours scolaire avant le lycée, mère de trois enfants, elle se forge un destin de combattante, malgré elle, lorsque la soldatesque enlève d’abord Jorge, son fils aîné, en février 1977, avant d’arrêter Raúl, son cadet, en décembre de la même année. Tous deux militants de gauche, dont l’un dans la lutte armée : ils ont une cible sur le front. « Il y a trente ans, nous n’imaginions pas que la dictature serait aussi meurtrière, perverse et criminelle. C’est pourquoi je veux vous parler d’eux, des enfants brillants, heureux, de la guérilla, de l’alphabétisation, d’êtres incroyables, révolutionnaires et convaincus », dira-t-elle, son éternel foulard blanc sur la tête, lors du trentième anniversaire de la création des Mères de la Plaza de Mayo, en 2007. Avec toutes celles qui partagent sa souffrance, elle effectue, dans une résistance qui force le respect, des rondes hebdomadaires dans le sens inverse des aiguilles d’une montre sur la place de Mai, face à la Maison-Rose, le palais présidentiel, pour demander des comptes à la dictature qui poursuit son œuvre macabre de 1976 à 1983. Elles tournent donc, malgré les dispersions violentes, les disparitions, les meurtres parfois.

« Une femme profondément révolutionnaire »

Officiellement, l’État argentin recense 11 000 disparus, les associations et les mères évaluent leur nombre à 30 000. « Peu importe le nombre de listes de décès que certains demandent, peu importe que certaines personnes reçoivent une compensation économique. Nous n’accepterons jamais qu’ils compensent avec de l’argent ce qui doit être réparé avec la justice. (…) Tant qu’il n’y aura qu’un seul meurtrier dans la rue, nos enfants vivront pour le condamner dans notre bouche et dans la vôtre », explique-t-elle dans les années 1990. Elle crée la polémique lors des attentats du 11 septembre 2001 alors qu’elle assure : « Je ne vais pas être une hypocrite, ça n’a pas fait mal du tout. » Dix ans plus tard, elle est éclaboussée par le scandale qui touche son douteux fondé de pouvoir, Serge Schoklende, accusé d’irrégularités dans la gestion de fonds publics destinés à un programme de logements sociaux dans les bidonvilles.

Son combat sans relâche pour la vérité et la justice a toutefois été salué par l’ensemble des dirigeants de la région.  « Défenseure des droits de l’homme, elle a contribué à créer l’un des mouvements démocratiques les plus importants d’Amérique latine », a reconnu le président élu du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva. Celle qui soutint sans ciller la révolution bolivarienne a également reçu un hommage appuyé du président Maduro, qui voit en elle « une femme de valeur, combattante et profondément révolutionnaire ». Le chef de l’État chilien, Gabriel Boric, a, quant à lui, marqué son « profond respect et (son) admiration » pour Hebe de Bonafini. Sa mort « fait mal à Cuba comme celle d’un proche », a enfin déclaré le président Miguel Diaz-Canel.

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