Argentine. Mort de Hebe de Bonafini, porte-drapeau des « Mères de la place de Mai

, Argentine. Mort de Hebe de Bonafini, porte-drapeau des « Mères de la place de Mai
, Argentine. Mort de Hebe de Bonafini, porte-drapeau des « Mères de la place de Mai

Hebe Pastor de Bonafini, décédée dimanche 20 novembre 2022 à l’âge de 93 ans, était devenue la « voix » des « Mères de la place de Mai » qui ont défié la dictature militaire argentine (1976-1983) en réclamant inlassablement, jusque sous ses fenêtres, des nouvelles de leurs « disparus ».

Initiée le 30 avril 1977, leur ronde hebdomadaire à Buenos Aires devant la Casa Rosada (Maison Rose, siège de l’exécutif), coiffées d’un fichu blanc rappelant les langes et brodé au nom d’un « disparu » (quelque 30 000 personnes, selon les organisations humanitaires), a braqué les projecteurs sur la junte.

« Très chère Hebe, Mère de la place de Mai, symbole mondial de la lutte pour les droits humains, fierté de l’Argentine. Dieu t’a rappelée le jour de la Souveraineté nationale (jour férié en Argentine)… Ça ne doit pas être un hasard. Simplement merci et adieu », a salué dimanche la vice-présidente argentine Cristina Kirchner.

Nous avons bloqué l’affichage de ce contenu pour respecter vos choix en matière de cookies.
En cliquant sur «Consulter», vous acceptez le dépôt de cookies par des services de réseaux sociaux tels que Twitter.

Peu après, Alejandra Bonafini a annoncé dans un communiqué que sa mère était décédée à l’Hôpital italien de La Plata, dans la province de Buenos Aires, où elle avait été admise il y a quelques jours.

L’organisation, qu’elle a présidée pendant plus de quarante ans, a fait savoir dimanche soir que « ses cendres reposeront sur la Place de Mai ».

Deuil national

Le président argentin Alberto Fernandez a salué « la combattante infatigable des droits humains », décrétant trois jours de deuil national en son honneur.

Sur Twitter, le président bolivien Evo Morales s’est dit « très triste et consterné » par la nouvelle. « Son combat inlassable contre les dictatures, pour la mémoire, la vérité et la justice est un exemple pour les nouvelles générations ».

Nous avons bloqué l’affichage de ce contenu pour respecter vos choix en matière de cookies.
En cliquant sur «Consulter», vous acceptez le dépôt de cookies par des services de réseaux sociaux tels que Twitter.

Née le 4 décembre 1928 à Ensenada, près de La Plata dans une famille modeste, mariée à 14 ans et n’ayant connu que l’école primaire, elle a 39 ans lorsque la « Guerre Sucia » (Sale Guerre) bouleverse son existence et celle de ses trois enfants.

En 1977, ses deux fils sont enlevés, Jorge Omar (8 février), Raul Alfredo (6 décembre) puis l’épouse de Jorge, Maria Elena Bugnone Cepeda (25 mai 1978). Hebe Pastor de Bonafini ne sait vers qui se tourner lorsqu’une mère de « disparu » lui propose de se joindre à un rassemblement devant la Casa Rosada. C’est le début d’un combat que seule la mort, dit-elle, pourra arrêter.

Outre quarante années de rassemblements, Hebe de Bonafini et les « Madres de Plaza de Mayo » avaient à leur actif 25 années de « marches de résistance » de 24 heures d’affilée, jusqu’au 26 janvier 2006 où elles reconnurent être vaincues par l’âge.

Aujourd’hui, les « Mères », que la combative Hebe Pastor de Bonafini dirigeait depuis 1979, se retrouvent toujours le jeudi devant l’obélisque de Plaza de Mayo, mais désormais pour dénoncer toutes les formes d’oppression, une évolution qui, en 1986, a provoqué leur scission.

L’association des « Mères de la place de Mai-ligne fondatrice », présidée par Estela Barnes de Carlotto, est dédiée purement à la défense des droits humains, tandis que celle de Hebe de Bonafini est plus politisée.

Controverse

Après s’être réjouie des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, elle avait réagi à l’attaque meurtrière contre l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, en janvier 2015, en estimant que « la France colonialiste qui a laissé des pays dans la ruine n’a pas l’autorité morale pour parler de terrorisme criminel. Demandez aux Algériens, aux Haïtiens et à ses dizaines de colonies ».

Défenseuse des régimes de Chavez puis de Maduro au Venezuela, elle était également devenue une figure controversée en Argentine pour son soutien inébranlable aux époux Kirchner.

La fondation qu’elle dirigeait, « Rêves partagés » des « Mères », est devenue sous la présidence de Nestor puis de Cristina Kirchner une ONG de 6 000 employés, recevant de l’État un total de 129 millions d’euros pour la construction notamment de logements sociaux et d’hôpitaux.

En 2017, un scandale impliquant son fondé de pouvoir, soupçonné de blanchiment d’argent, l’a éclaboussée ainsi que sa fille Alejandra Bonafini, alors directrice de la fondation, et plusieurs responsables gouvernementaux.

Elle avait alors dénoncé une « manœuvre » politique du président Mauricio Macri (2015-2019) qu’elle avait qualifié d’« ennemi ».

Le but de dictature.org est de traiter le sujet de Combattre les dictatures en toute clarté en vous offrant la visibilité de tout ce qui est publié sur ce sujet sur le web dictature.org vous présente cet article développant du sujet « Combattre les dictatures ». Ce texte se veut reconstitué du mieux possible. Si tant est que vous souhaitez apporter des remarques concernant le thème « Combattre les dictatures » vous avez la possibilité de discuter avec notre rédaction. D’ici peu, nous présenterons d’autres informations sur le sujet « Combattre les dictatures ». visitez de manière régulière notre blog.