Daniel Treisman : « Un effondrement du régime de Poutine semble plus probable qu’un coup d’Etat »

Professeur de sciences politiques à UCLA, Daniel Treisman est l’auteur, avec l’économiste Sergueï Guriev, de Spin Dictators. The Changing Face of Tyranny in the 21st Century (Princeton University), paru cette année en anglais. Un livre remarquable pour comprendre comment les dictateurs du XXIe siècle sont passés maîtres dans l’art de la communication et de la manipulation, se donnant des airs de démocrates. Vladimir Poutine fut longtemps l’archétype du « spin dictator », avant que son régime ne se brutalise de plus en plus, jusqu’à cette guerre en Ukraine.  

Dans un récent article très commenté pour la prestigieuse revue Foreign Affairs (« What could bring Putin down ? »), Daniel Treisman a également évoqué l’hypothèse d’une chute du président russe, envisageant plus un effondrement progressif avec une succession de crises qu’un coup d’Etat soudain. Pour L’Express, le chercheur analyse l’avenir du régime de Poutine et explique ses forces et faiblesses structurelles, face à une société russe de plus en plus moderne. 

L’Express : Dans « Spin Dictators », vous présentez Vladimir Poutine comme le modèle d’un nouveau type de dirigeants autoritaires, qui savent jouer habilement de la communication en prétendant être des démocrates. A-t-il perdu son savoir-faire ?  

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Daniel Treisman: Même avant la guerre en Ukraine, Poutine semblait évoluer vers une dictature de la peur. Depuis le début du conflit, il a très clairement rejoint cette catégorie, réprimant les médias libéraux qui restaient en Russie et cherchant de manière manifeste à intimider sa population, avec une loi qui prévoit jusqu’à quinze ans de prison pour ceux qui critiquent cette « opération spéciale ». Poutine a, de manière irrévocable, opté pour la peur. Dieu merci, il n’a toujours pas emprisonné des centaines de milliers de personnes ou commandité des meurtres politiques de masse, ce qui était la marque de fabrique des dictateurs du XXe siècle. Mais il a décidé que les techniques de communication ne suffisaient plus, et qu’il fallait des méthodes plus répressives afin de conserver son pouvoir. 

Selon vous, c’est paradoxalement la modernisation de la société russe qui l’a poussé à devenir plus autoritaire et répressif… 

La modernisation des sociétés est un défi pour les régimes autoritaires traditionnels. Avec une population plus sophistiquée, éduquée et connectée sur le plan international, faire appel aux vieilles méthodes d’intimidation a un coût économique important. Il est difficile de stimuler une économie de la connaissance à travers la peur. Des dictateurs ont ainsi adopté une stratégie plus fine, comme l’a fait Poutine en Russie durant des années, ou comme le fait par exemple toujours un Viktor Orban en Hongrie. Les « spin dictators » tentent de faire croire que leur pays a tout d’une démocratie, que les élections sont compétitives, que les médias restent relativement indépendants. Ils camouflent ou n’assument pas les violences politiques.  

Mais si la modernisation de la société se poursuit, même les techniques de communication ne suffisent plus pour garantir le maintien au pouvoir. Poutine a, depuis dix ans, durci son pouvoir. Malgré le coût économique, le retour à une dictature de la peur lui a semblé être la seule façon d’assurer la pérennité du régime. Avec Sergueï Guriev, nous pensons que cela peut fonctionner à court terme. Mais qu’il est difficile de conserver une telle dictature de la peur sur le long terme.  

Dans Foreign Affairs, vous évoquez l’avenir possible du régime. Une défaite militaire en Ukraine signifierait-elle la fin du régime de Poutine ?  

Napoléon III a perdu son trône après avoir imprudemment déclaré la guerre à l’Allemagne de Bismarck en 1870. Le général Leopoldo Galtieri a aussi dû quitter la présidence argentine après avoir provoqué la guerre des Malouines en 1982. Mais l’histoire regorge également d’exemples de dictateurs qui n’ont pas été renversés après une défaite militaire. Saddam Hussein est par exemple resté douze ans de plus au pouvoir, en dépit de la déroute de son armée au Koweït en 1991. Peu de dictateurs arabes ayant subi une défaite face à Israël ont dû céder leur place. Une étude de Giacomo Chiozza et Hein Goemans a analysé toutes les guerres de 1919 à 2003. Leur conclusion: dans la moitié des cas, les autocrates, après une défaite militaire, arrivent à conserver leur pouvoir au moins un an.  

Quand on considère ces exemples historiques, on peut dire que la situation actuelle en Ukraine ne représente pas forcément une menace insurmontable pour Poutine, même après le nouvel échec à Kherson. D’autant plus qu’il n’a pas encore perdu cette guerre, et que les forces russes peuvent toujours réussir à conserver une partie de leurs gains territoriaux. Mais il est certain que Poutine est aujourd’hui plus fragile qu’avant l’invasion.  

« Le patron du FSB n’a des liens informels qu’avec Poutine lui-même ! »

Vous estimez qu’un coup d’Etat semble très improbable aujourd’hui en Russie. Pourquoi ?  

Les coups d’État sont, par nature, souvent inattendus. On ne peut donc exclure un scénario similaire en Russie. Mais cela semble très compliqué à organiser dans le contexte actuel. Poutine a tout fait pour rendre son régime imperméable à ce risque. Entre le FSB (renseignement intérieur), le GRU (renseignement militaire), le FSO (protection des hauts responsables) ou la Garde nationale (force militaire interne du gouvernement), y a de multiples agences qui se surveillent les unes les autres. Les services de renseignement du FSB ont des agents dans chaque unité militaire. Dans ce système compétitif, chacun a ainsi une incitation à rendre compte de tout fait suspect à Poutine. Il est également compliqué pour tous les conspirateurs potentiels de communiquer sans être observé. 

Par ailleurs, on peut constater que les hommes de main de Poutine ont très peu de liens informels entre eux, ou avec d’autres figures à l’intérieur du Kremlin. Trois chercheurs ont récemment recensé ces liens parmi les cent Russes les plus influents. Ces personnes ont bien entendu des contacts officiels dans le cadre de leur travail. Mais leurs liens informels, que ce soient des liens de philanthropie, des activités sportives ou de loisir ou des relations familiales – autrement dit tout ce qui rend plus facile une communication en dehors d’un cadre officiel – sont très restreints. Alexandre Bortnikov, patron du FSB, n’a par exemple des liens informels qu’avec Poutine lui-même! Le ministre de l’Intérieur Vladimir Kolokoltsev est encore moins bien connecté. Nikolaï Patrouchev, secrétaire du Conseil de sécurité, ou Viktor Zolotov, directeur de la Garde nationale, ont eux aussi un réseau limité. Nous ne savons pas si c’est volontaire et judicieux de leur part, afin de montrer à Poutine qu’ils n’ont rien à lui cacher. Mais dans tous les cas, c’est très frappant. 

Vous évoquez le scénario d’un effondrement possible du régime. A quoi pourrait-il ressembler ?  

Le scénario le plus probable à l’heure actuelle reste la continuité du régime, avec possiblement encore plus de répression de sa part. Mais si Poutine devait quitter le pouvoir, cela passerait à mon sens plutôt par un effondrement progressif, avec une succession de crises, plutôt que du fait d’un coup d’État. Le système de commandement russe est extrêmement centralisé. Les personnes placées sous Poutine sont très récalcitrantes à prendre des risques et des décisions sur les sujets importants, sans avoir son accord préalable. Cela signifie que Poutine est indispensable pour toute une série de décisions. Imaginons par exemple qu’une grève éclate en Sibérie du fait de la récession économique, qu’une offensive ukrainienne ait lieu dans le Donbass, que les élites russes se déchirent entre elles ou qu’une crise internationale implique la Russie. Si plusieurs crises ont lieu en même temps et qu’un seul homme doit prendre toutes les décisions, il est très difficile pour lui de ne pas commettre d’erreur, ce qui ne pourra qu’exacerber la situation et le risque de perdre le contrôle.  

C’est le scénario d’un chaos grandissant, qui pourrait faire baisser la popularité de Poutine et amplifier les fractures au sein du régime. Un Poutine perçu comme affaibli, voire même comme représentant un handicap pour le régime alors qu’il en a longtemps été l’élément stabilisateur, peut stimuler des oppositions internes. Dans ce cas, plutôt qu’un coup d’État, je vois plutôt un départ concerté de Poutine et un changement de visage à la tête de la Russie, afin de tenter de faire perdurer le régime. 

Poutine a toujours un taux d’approbation de 77% selon le centre indépendant Levada… 

Un sondage dans un Etat militarisé et autoritaire est très différent d’un sondage dans une démocratie libérale, avec un débat libre et une vraie compétition politique. Je fais pleinement confiance aux données du centre Levada. En revanche, dans l’environnement russe actuel, où les gens peuvent être condamnés à quinze ans de prison s’ils critiquent la guerre en cours et qui est marqué par une forte propagande à l’oeuvre, les personnes qui ne sont pas forcément favorables à Poutine vont taire leur opinion. Il est donc très difficile d’interpréter ces chiffres.  

J’ai étudié les études d’opinions en Russie. Dans le passé, j’avais tendance à expliquer que l’approbation de Poutine était même supérieure à ce qu’on pouvait penser en Occident, et que ces données s’avéraient plus fiables qu’on ne le disait. Mais le contexte a changé. Parmi ces 77%, les personnes qui s’identifient à Poutine et se montrent enthousiastes au sujet de sa guerre en Ukraine ne représentent qu’une minorité. Les autres se disent favorables à Poutine par loyauté à la Russie ou par volonté de cacher leur réelle opinion. Si le président russe se montre plus faible et que les sondages commencent à baisser, ceux qui prétendent le soutenir montreront rapidement leur vraie opinion, tandis que ses supporters, qui le considèrent comme un dirigeant fort représentant bien la Russie, peuvent également transférer leur allégeance sur une autre figure politique. 

Vous avez donc absolument raison de pointer ces chiffres. Mais ils ne sont nullement contradictoires avec le fait qu’aujourd’hui, la position de Poutine est bien plus faible qu’il n’y paraît. 

« J’ai arrêté de parier sur Poutine depuis 2014 »

Les sanctions économiques contre la Russie semblent moins efficaces qu’on ne le pensait au début de la guerre, avec un rouble qui s’est renforcé par rapport au dollar et une contraction du PIB qui devrait se limiter à 4% en 2022. En France, certaines personnalités assurent même que les pays occidentaux souffrent bien plus que la Russie, du fait de l’explosion des prix des hydrocarbures… 

La guerre en Ukraine a accéléré la transition énergétique des pays occidentaux, ce qui peut aussi avoir un aspect positif. Mais si l’on considère l’efficacité des sanctions contre la Russie, il faut regarder le long terme. Les restrictions commerciales contre la Russie signifient que les Russes sont incapables d’importer des produits et dépensent donc peu de dollars, ce qui soutient la valeur du rouble. Mais, par ailleurs, les sanctions sapent l’industrie russe et sa capacité à fabriquer des produits high tech ou même plus basiques. L’industrie automobile s’est par exemple effondrée. Le chômage va monter de façon inévitable. Même si le gouvernement subventionne les entreprises russes pour prévenir une crise du marché de l’emploi, cela demandera plus de ressources fiscales. Les sanctions économiques ne provoquent ainsi pas un effondrement spectaculaire du jour au lendemain, elles ont un effet plus graduel.  

Vous expliquez dans le livre qu’un adulte russe sur quatre possède un diplôme universitaire, ce qui en fait une société éduquée. La Russie serait-elle une anomalie parmi les régimes autoritaires ?  

Absolument. Un seul pays a un niveau d’éducation plus élevé tout en ayant conservé un régime autoritaire : Singapour. Il y a bien sûr des États très riches qui sont dotés d’un régime autoritaire, à l’image des pays du Golfe arabique. Mais ceux-ci sont riches du fait de leurs ressources pétrolières, et il leur reste beaucoup de chemin à faire en matière de système éducatif, d’égalité hommes-femmes ou d’innovations technologiques. Lee Kuan Yew, qui a géré Singapour depuis son indépendance jusqu’en 1990, a d’ailleurs beaucoup influencé ce nouveau type d’hommes forts que nous appelons des « spin dictators », avec un contrôle sophistiqué de la société et une manipulation plus subtile des médias, accompagnés d’institutions qui semblent démocratiques.  

Mais, comme je vous le disais, Poutine n’a pas été capable de poursuivre ce modèle singapourien. Voyons ce qui va se passe en Russie. Mais le fait que la société russe soit relativement moderne me rend plus optimiste que certains experts, car cela devrait conduire en théorie à un type de régime politique plus ouvert et pas participatif, pas forcément une vraie démocratie libérale, mais un système plus proche de ce qu’avait connu la Russie au début des années 2000.  

Mais si Poutine doit quitter le pouvoir, cela pourrait être pire si son successeur s’avère être un ultra-nationaliste… 

Il est bien sûr très difficile de prédire qui, dans une période de transition avec une lutte entre différentes factions politiques, va finir par s’imposer. Mais si le régime russe actuel fait face à de sévères difficultés économiques et isole la Russie, on peut se demander ce que pourrait apporter un régime nationaliste pour survivre à moyen terme. En matière d’hydrocarbures, la Russie n’a pas les mêmes réserves par habitant que les pays du Golfe. Par ailleurs, seule une petite minorité de Russes souhaite un régime encore plus nationaliste et belliqueux que celui de Poutine. La répression peut fonctionner à court terme, mais dans une société modernisée plutôt qu’agricole, elle perd de son efficacité à long terme. 

Il est donc difficile de prédire l’avenir de Poutine… 

Oui. Mais si une chute arrive, elle aura sans doute lieu relativement rapidement. Le cas du président ukrainien Viktor Ianoukovytch en 2014 s’avère d’ailleurs intéressant. Il avait renforcé ses pouvoirs et semblait contrôler la situation, mais la situation économique s’est aggravée et Ianoukovytch a exacerbé les tensions avec le mouvement de contestation de Maïdan. Tout d’un coup, ses services de sécurité ont disparu et le régime s’est effondré brutalement. Quand les régimes autoritaires s’effondrent, cela arrive très souvent de manière soudaine et rapide. Une fois que les personnes au sein du régime croient qu’il peut s’effondrer, il y a une ruée massive pour en sortir, ce qui ne fait qu’accélérer la désintégration du système après une longue période d’apparente stabilité. Tout le monde veut quitter sain et sauf le navire en train de couler. 

Si vous deviez faire un pari sur l’avenir de Poutine, quel serait-il ?  

J’ai arrêté de parier sur Poutine depuis 2014 (rires). Je ne pensais pas qu’il annexerait la Crimée. Poutine est toujours compétent sur le plan cognitif, et efficace d’une certaine façon. Je ne le qualifierai ainsi pas d’irrationnel. En revanche, depuis un certain temps, il semble recevoir des informations déformées, et il a une vision du monde très biaisée. De ce fait, même s’il s’avère rationnel du point de vue de son propre système de pensée, cela peut sembler irrationnel de l’extérieur. 

Quelles leçons tire Xi Jinping de cette guerre en Ukraine ?  

Xi Jinping est un dirigeant très opaque, et donc difficile à analyser. Mais si elle a soutenu la Russie sur le plan de la propagande et a acheté des hydrocarbures russes, la Chine a aussi fixé des limites. Le régime chinois a publiquement exprimé certaines réserves. Il faut espérer que Xi continue à mettre la pression sur Poutine en lui faisant savoir à quel point il serait catastrophique, pour lui et pour son pays, de faire usage de l’arme nucléaire. Ceci est dans l’intérêt de la Chine comme dans celui du monde entier. 

Quant à une possible invasion de Taïwan, Xi Jinping peut tirer deux enseignements contradictoires de cette guerre en Ukraine. D’un côté, l’Occident est plus uni qu’on ne le pensait et s’avère capable d’imposer des sanctions économiques plutôt sévères. Mais d’un autre côté, le besoin d’agir au sujet de Taïwan peut lui sembler encore plus urgent, car la situation économique ne va pas s’améliorer et c’est peut-être le meilleur moment pour envahir l’île… 

La théorie du grand homme, qui met l’accent sur le rôle de dirigeants illustres, est depuis longtemps passée de mode dans les études historiques. Mais selon vous, cette guerre en Ukraine nous rappelle, entre Poutine et Zelensky, à quel point les individus peuvent être décisifs, au-delà des forces sociales, économiques ou démographiques… 

On ne peut pas tout expliquer par des facteurs structurels profonds. La modernisation d’une société favorise, comme je vous l’expliquais, un type particulier de régime. Mais des dirigeants individuels peuvent résister à ces forces historiques pendant une longue période.  

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Dans le cas particulier de la guerre en Ukraine, ce conflit a été décidé par Poutine, alors que presque tout le monde au sein de l’élite russe pensait qu’il bluffait. Pour la Russie, il n’y avait aucun besoin profond, d’un point de vue des coûts et des bénéfices, d’envahir l’Ukraine. Avec un autre dirigeant à la tête du pays, cette guerre n’aurait sans doute pas eu lieu. De la même façon, du côté ukrainien, si le président avait fui et opté pour l’exil plutôt que de communiquer brillamment et de mobiliser les Ukrainiens, en convainquant l’Union européenne de changer d’approche, les Russes auraient réellement pu prendre Kiev, au moins à court terme. Dans tous les cas, ils auraient fait face à une mission impossible, celle de contrôler l’Ukraine. Mais sans Zelensky, la guerre aurait pu prendre une direction bien différente. 

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