Fin de la police des mœurs en Iran : une manœuvre plutôt qu’une victoire

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Publié le 9 décembre 2022

Ce que le procureur général a implicitement dit au sujet de la suppression de la police des mœurs en Iran a été considéré par certains comme une manœuvre et par d’autres comme une retraite, quoique tactique.

Mais ce qui se passe en Iran depuis près de trois mois montre qu’il ne s’agit ni de l’une ni l’autre.

La dictature religieuse édifiée sur des dogmes religieux du Moyen-Âge s’est imposée à l’histoire iranienne et au monde moderne. Elle a été enfantée par la répression brutale des organisations et institutions démocratiques iraniennes par la Savak (police secrète) et l’armée du chah qui a créé un vide politique. Profitant de ce vide, les mollahs se sont hissés au pouvoir sur la base du système du guide suprême religieux.

Cette dictature est imperméable à toute réforme

Car toute réforme conduit inévitablement à changer sa structure. La répression et les exécutions sont inhérentes à ce régime puisqu’il est incapable de répondre aux besoins économiques, culturels et politiques des Iraniennes et des Iraniens. Il a de ce fait recours à la répression à grande échelle et pour couvrir cette répression à l’intérieur il se tourne vers le terrorisme débridé et l’incitation à la guerre dans la région et dans le monde. La société iranienne demeure comme un ressort comprimé sur lequel le régime exerce une pression de tous les instants afin de rester au pouvoir.

On peut donc dire avec certitude que le régime iranien n’a pas la capacité de reculer ou même de manœuvrer. Compte tenu des vagues de protestations aussi fortes qu’étendues en Iran, un pas en arrière rendra le peuple iranien plus désireux encore d’écraser ce régime.

Par ailleurs, le guide suprême sait bien que chaque pas en arrière accélèrera sa chute. C’est pourquoi il rejette toute idée de recul, même tactique.

Hossein Jalali, député de la commission des affaires culturelle du parlement des mollahs, a déclaré hier dans la ville sainte de Qom qu’ils allaient s’attaquer à la question du « voile ». Il est certain qu’ils ne reculeront pas sur ce point.

La mort de Mahsa Amini, l’étincelle dans le baril de poudre, a enflammé le mécontentement des Iraniens. Il s’est étendu à 280 villes et plus de 700 personnes sont mortes pour la liberté. Ce soulèvement ne se limite pas à l’annulation les lois misogynes et de la police de mœurs. Au contraire, il vise l’ensemble de la tyrannie religieuse. Le slogan principal répété chaque jour reste « à bas le dictateur » et « à bas le tyran, qu’il soit chah ou mollah ».

Par conséquent, même s’il la suppression de la police de mœurs est avérée, elle n’aura pas d’impact sur la révolution en Iran visant à instaurer une démocratie fondée sur la séparation de la religion de l’État et l’égalité des femmes et des hommes.

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