La dictature équato-guinéenne abolit la peine de mort, pas la répression

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La plupart des Équato-Guinéens l’ont appris dans la soirée du lundi 19 septembre, subrepticement, à la fin du journal télévisé de la chaîne d’État. Le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 1979, a aboli « totalement » la peine de mort : un « événement historique pour notre pays », a annoncé le journaliste avant de rendre l’antenne.

La Guinée équatoriale devient ainsi le 110e État dans le monde à bannir la peine capitale pour tous les crimes, huit ans après les dernières exécutions connues dans ce pays. En janvier 2014, selon Amnesty International, neuf personnes déclarées coupables de meurtre avaient été exécutées quelques jours avant l’instauration d’un moratoire temporaire sur le recours à la peine capitale.

Un processus de plusieurs années

Sous la pression de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), le président équato-guinéen avait annoncé, en avril 2019, qu’il présenterait un projet de loi visant à abolir la peine de mort. Cet engagement resté sans suite, la CPLP a continué à faire pression sur la Guinée équatoriale afin qu’elle réalise des progrès « plus rapides » à ce sujet. En réponse à cette demande, l’ambassadeur équato-guinéen au Portugal, Tito Mba Ada, avait annoncé le 13 juillet 2021 que son pays allait adopter « très prochainement » un nouveau code pénal qui abolirait ce châtiment. Il a fallu donc attendre encore quatorze mois pour que cet engagement soit promulgué.

Un pouvoir dictatorial

Une bonne nouvelle pour les défenseurs des droits humains, mais qui n’efface pas la réalité de ce pays connu pour être l’un des plus fermés et des plus autoritaires du continent. L’ONG chrétienne contre la peine de mort et la torture, l’Acat, rappelle qu’en Guinée équatoriale « le président et son cercle familial s’enrichissent aux dépens de la population en s’emparant de toutes les ressources du pays et en établissant un pouvoir dictatorial et népotique brimant toute contestation de leur mainmise économique et politique ».

Elle constate que « les personnes perçues comme une menace sont ainsi victimes de détentions arbitraires, d’intimidations et de condamnations à des peines de prison à la suite de procès iniques, ce qui pousse nombre d’opposants à fuir le pays ».

Des engagements sans valeurs

Et lorsque le régime prend officiellement des mesures pour en finir avec des comportements et des usages contraires à la dignité de la personne, elles ne sont pas nécessairement appliquées. Ainsi, en dépit de l’adoption en 2006 d’une loi sur la prévention et la sanction de la torture et la ratification de plusieurs conventions internationales interdisant expressément son usage, la Guinée équatoriale n’a jamais abandonné cette pratique.

À l’occasion de la publication, le 13 juillet 2022, de son rapport sur la politique conduite par Malabo dans sa lutte contre les gangs, Marta Colomer, responsable des campagnes pour l’Afrique centrale et de l’Ouest à Amnesty International, affirmait : « Sous couvert de lutte contre la criminalité,les autorités arrêtent et détiennent de façon arbitraire des jeunes, dont un grand nombre sont torturés, maltraités ou perdent la vie, ou sont soumis à une disparition forcée. »

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