Lula, syndicaliste, prisonnier et président du Brésil

, Lula, syndicaliste, prisonnier et président du Brésil
, Lula, syndicaliste, prisonnier et président du Brésil

Lula est de retour au pouvoir. Icône de la gauche sud-américaine, l’ex-président l’a emporté face au chef de l’État sortant d’extrême droite Jair Bolsonaro, plus de dix ans après son départ du pouvoir. De ses débuts en tant que syndicaliste jusqu’à son élection en 2004, sans oublier son passage en prison, la vie de Lula raconte tout un pan de l’histoire contemporaine du Brésil.

Né dans l’État de Pernambouc, il déménage à 7 ans à São Paulo avec sa mère et cinq de ses sept frères et sœurs. Le jeune Lula abandonne rapidement l’école pour devenir cireur de chaussures avant de commencer à travailler dans une usine. À 17 ans, il est victime d’un accident d’outillage et perd son auriculaire gauche.

Dès ses 20 ans, il entreprend parallèlement à son métier d’ouvrier un combat pour la défense des droits des travailleurs. Son engagement le mène en 1975 au sommet du puissant syndicat brésilien de la métallurgie. À sa tête, il organise plusieurs grèves massives et s’impose comme la figure de proue de la résistance à la dictature militaire.

Le Parti des travailleurs

Déjà, sa notoriété dépasse les frontières du Brésil. « Luiz Inácio Lula da Silva est au Brésil ce qu’est Lech Walesa à la Pologne : le défenseur acharné d’un syndicalisme indépendant et du droit de grève », écrit le New York Times en 1981. Des prises de position qui lui vaudront d’être inquiété par la justice.

En 1980, Lula fonde le Parti des travailleurs (PT), qui agrège à la classe ouvrière des intellectuels et des artistes soutenant le mouvement syndical. Ce mouvement pluriel rassemble également des catholiques de gauche, partisans de la théologie de la libération, ainsi que les Afro-Brésiliens et les indigènes. Cette coalition hétéroclite est unique dans l’histoire du Brésil.

L’émulation n’est pas suffisante pour lui permettre d’accéder au pouvoir. En 1989, il lui manque quatre millions de voix pour être élu président. Ses deux essais suivants, en 1994 et 1998, ne sont pas plus heureux. Le contexte commence cependant peu à peu à lui devenir favorable : le centre droit au pouvoir parvient à réduire l’inflation, véritable fléau dans le Brésil des années 1990, mais les inégalités s’accroissent.

Alliance avec la droite

Surtout, Lula décide d’élargir sa base. En 2002, il courtise les milieux d’affaires et les conservateurs brésiliens en faisant de José Alencar, magnat du textile et chantre de la dérégulation, son colistier. Sa méthode fonctionne, et Lula devient président, une victoire qui s’inscrit dans le contexte de la « vague rose » qui balaie l’Amérique latine au début des années 2000.

Son accession au pouvoir a lieu dans un contexte économique très favorable. La hausse du prix des matières premières, couplée à un accord commercial signé avec la Chine, permet au PIB brésilien de s’envoler. Lula profite de ces nouveaux revenus pour financer « Bolsa familia », un programme d’aide sociale prévoyant des subsides destinés aux parents pour scolariser leurs enfants et leur assurer une couverture vaccinale complète. Il augmente également le salaire minimum.

À la fin de son premier mandat, son taux de popularité dépasse les 60 % et il est réélu sans difficulté en 2006. À la fin de son second mandat, le PIB du Brésil n’a jamais été aussi important et le taux de popularité de Lula explose pour atteindre le chiffre impressionnant de 87 %. « Voilà le politicien le plus populaire du monde », s’amuse Barack Obama quand il le croise au G20, à Londres, en 2009.

Le scandale Petrobras

Le début de sa chute s’amorce pourtant la même année. Lula choisit Dilma Rousseff comme successeure. Surfant sur la popularité du président sortant, celle-ci remporte l’élection de 2010. Critiquée pour son manque de finesse politique, elle doit également faire face à un ralentissement économique. Surtout, le scandale Petrobras surgit et fait vaciller le PT en mars 2014.

Plusieurs personnages importants du parti fondé par Lula sont accusés d’avoir reçu des pots-de-vin de la part du géant pétrolier. Dilma Rousseff est visée, de même que l’ancien président. La première est destituée en 2016, le second est condamné et envoyé en prison en 2017.

Si sa popularité ne faiblit pas, son absence génère un vide politique dans lequel s’engouffre Jair Bolsonaro. Il séduit les évangéliques, les paysans, les milieux d’affaires et les militants anti-avortement avant de se faire élire président en 2019.

Après être sorti de prison, à la suite de l’annulation de plusieurs condamnations, Lula est de son côté autorisé à se présenter en 2022. Dix ans après son départ, il vient d’arriver à se hisser à nouveau au sommet de l’État. Son troisième mandat s’annonce cependant compliqué, alors que l’extrême droite de Bolsonaro détient la majorité à la Chambre des députés et au Sénat.

Le but de dictature.org est de traiter le sujet de Combattre les dictatures en toute clarté en vous offrant la visibilité de tout ce qui est publié sur ce sujet sur le web dictature.org vous présente cet article développant du sujet « Combattre les dictatures ». Ce texte se veut reconstitué du mieux possible. Si tant est que vous souhaitez apporter des remarques concernant le thème « Combattre les dictatures » vous avez la possibilité de discuter avec notre rédaction. D’ici peu, nous présenterons d’autres informations sur le sujet « Combattre les dictatures ». visitez de manière régulière notre blog.