Réseaux sociaux : Non, l’Australie n’a pas introduit le crédit social pour noter les internautes

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Sommes-nous bloqués dans un épisode de la série Black Mirror ? Comme dans le premier épisode de la saison 3, nommé Chute libre, les internautes craignent de voir leur quotidien bouleversé par l’instauration d’une note sociale. Une fiction qui pourrait bien devenir réalité.

Ce lundi, le compte « Vivre sainement » a relayé une vidéo tout droit venue d’Australie. Nous y voyons un journal télévisé diffusé le matin sur la chaîne australienne 9now. Le bandeau à l’écran indique : « Social media security. New reform aims to stop online abuse ». Comprenez : « Sécurité des médias sociaux. Une nouvelle réforme vise à mettre fin aux abus en ligne ».

Lundi, cet extrait du journal télévisé est réapparu sur Twitter. « AUSTRALIE – Le crédit social est introduit pour accéder à Internet, via un identifiant numérique. Les citoyens ont besoin de 100 points d’identification pour utiliser les réseaux sociaux et la police aura accès aux comptes, y compris la messagerie privée. Bienvenue en dictature », s’alarme la publication, retweetée plus de 1.000 fois depuis.

Seulement, ce sujet a été diffusé il y a plus d’un an et depuis la réforme mentionnée n’a pas été votée. 20 Minutes fait le point.

FAKE OFF

Si la vidéo a été diffusée au début de cette semaine, elle est bien antérieure à sa publication. Nous retrouvons une trace du journal télévisé en question sur la page Facebook de Today, la matinale de la chaîne australienne 9now. Mais la vidéo a en réalité été publiée le 1er avril 2021. Il y a donc de fortes chances que le sujet ait depuis évolué.

A la même date du 1er avril 2021, le média 7news a publié un article titré « le gouvernement fédéral envisage de forcer les Australiens à fournir une pièce d’identité pour utiliser les réseaux sociaux et les sites de rencontres ». A l’époque, le journaliste explique que les internautes pourraient se voir interdire la création de comptes anonymes sur les réseaux sociaux, ainsi que sur les applications de rencontre. La règle introduirait l’obligation d’enregistrer sa carte d’identité pour vérifier l’inscription.

L’article explique également que ces recommandations ont été élaborées à la suite de la publication d’un rapport « choquant » par une commission parlementaire qui s’intéressait aux actes malveillants en ligne. Avec l’anonymat, les internautes n’auraient en effet aucune barrière pour commettre de nombreux abus, sans pour autant recevoir des sanctions.

Interdire l’anonymat

Le lendemain, le 2 avril 2021, le média Perthnow publie également un article à ce sujet qui titre : « Le gouvernement fédéral considère les contrôles d’identité pour interdire les comptes de médias sociaux anonymes, y compris Facebook et Tinder ».

Cette fois, l’article cite la commission parlementaire : « Afin d’ouvrir ou de maintenir un compte de réseau social existant, les clients devraient être tenus par la loi de s’identifier sur une plate-forme en utilisant des points d’identification, de la même manière qu’une personne doit fournir une identification pour un compte de téléphone mobile, ou pour acheter une carte SIM mobile ». Ces points d’identification sont donc davantage des systèmes de vérification qu’une note sociale.

L’article rappelle également qu’à ce moment-là, les Australiens n’étaient pas tenus de prouver leur identité grâce à une carte officielle, mais uniquement en le vérifiant grâce à un e-mail ou un numéro de téléphone. « Le rapport est actuellement examiné par le gouvernement fédéral », ajoute également le journaliste.

Des recommandations abandonnées

Cette réforme a-t-elle finalement été envisagée par la suite ? Dans un article publié dans The Conversation le 25 novembre de la même année, la chercheuse en droit Shireen Morris a expliqué que les recommandations de la commission parlementaire n’avaient finalement pas abouti. Toutefois, des changements ont été mis en place sur ce sujet. En juin 2021, la loi sur la sécurité a été modifiée afin d’exiger des plateformes de divulguer les informations personnelles de potentiels harceleurs en ligne.

Dans son analyse, la chercheuse recommande toutefois à ce que les réformes soient bien justifiées « pour s’assurer qu’elles servent les intérêts publics plutôt que politiques » et qu’elles ne compromettront pas la vie privée des utilisateurs.

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