Un 131e enfant « volé » sous la dictature argentine a été retrouvé, le premier depuis trois ans

, Un 131e enfant « volé » sous la dictature argentine a été retrouvé, le premier depuis trois ans

Sous la dictature militaire, des centaines d’enfants – les estimations tournent entre 300 et près de 500 – ont été « appropriés », nés d’une mère en détention puis disparue, et donnés à un foyer qui voulait ou ne pouvait avoir d’enfant


Estela de Carlotto, la présidente emblématique des Abuelas, a annoncé jeudi avoir retrouvé un nouvel enfant « volé » sous la dictature argentine

© Victor R. Caivano/AP/SIPA Estela de Carlotto, la présidente emblématique des Abuelas, a annoncé jeudi avoir retrouvé un nouvel enfant « volé » sous la dictature argentine


EMOTIONS – Sous la dictature militaire, des centaines d’enfants – les estimations tournent entre 300 et près de 500 – ont été « appropriés », nés d’une mère en détention puis disparue, et donnés à un foyer qui voulait ou ne pouvait avoir d’enfant

Les Grands-mères de la Place de Mai en Argentine ont annoncé jeudi avoir retrouvé un nouvel enfant « volé » sous la dictature (1976-1983) à un couple détenu en 1977 puis disparu. Il s’agit du 131e petit-fils à récupérer son identité, et le premier depuis plus de trois ans. « Avec bonheur, nous annonçons une nouvelle restitution d’identité » ont annoncé les « Abuelas » (grands-mères) dans un communiqué.

« Comme si cette fin d’année voulait exaucer tous nos souhaits » ont-elles écrit en référence à la Coupe du monde. « Après presque trois ans, nous célébrons une fois de plus la découverte d’un petit-fils ». La présidente emblématique des Abuelas, Estela de Carlotto, a indiqué en conférence de presse que le « petit-fils N. 131 » était âgé de 44 ans, et enfant d’ex-militants marxistes Lucia Nadín et Aldo Quevedo, originaires de Mendoza, et détenus à Buenos Aires en octobre 1977. La jeune femme d’alors 19 ans était enceinte de près de trois mois.

Du temps pour digérer sa « vraie » identité

Estela de Carlotto, toujours énergique à 92 ans, a estimé qu’il était vraisemblable que le petit-fils 131 soit né à l’ESMA, l’Ecole de mécanique de la Marine, dont une aile devint le centre de détention et de torture le plus tristement célèbre de la dictature. C’est de cette ex-ESMA, devenue un musée et Espace de la Mémoire qu’elle a annoncé la découverte du « N.131 », qui était absent. Il faut généralement du temps, le temps pour un enfant retrouvé de digérer sa « vraie » identité, avant qu’il ne se présente. « Cet homme a accepté de réaliser l’examen (ADN) et hier (mercredi) la Banque nationale de données génétiques a annoncé l’heureuse nouvelle : il est le fils de Lucía Nadin et d’Aldo Quevedo », a déclaré Estela de Carlotto, en montrant une photo du couple.

Sous la dictature militaire, des centaines d’enfants – les estimations tournent entre 300 et près de 500 – ont été « appropriés », nés d’une mère en détention puis disparue, et donnés à un foyer qui voulait ou ne pouvait avoir d’enfant, souvent proche du régime, dans l’idée aussi de voir élever un enfant « bien pensant » politiquement. Au long de 45 ans de recherche, 130 cas avaient été « résolus » jusqu’à ce jeudi – c’est-à-dire que l’identité originelle de l’enfant a été restituée. Souvent donnant lieu à d’émouvantes retrouvailles, parfois aussi après la mort. Mais rien, aucune restitution, depuis celle du « numéro 130 », en juin 2019.

Encore 300 hommes et femmes recherchés

Les restitutions s’étaient raréfiées ces dernières années, la faute en partie à la pandémie de Covid, qui a, pendant de longs mois, rendu les contacts et les recherches difficiles. Aussi, l’organisation « Abuelas », portée désormais par une jeune génération d’activistes, a relancé ces derniers mois les sessions dites « d’approche spontanée », se déplaçant en province, invitant quiconque aurait des doutes sur son identité à venir parler, en toute confidentialité, à des conseillers formés pour la circonstance. Ensuite, si les soupçons se confirment, un test ADN est proposé.

L’organisation Abuelas cherche toujours environ « 300 hommes et femmes, dont l’âge est d’environ 45 ans, qui vivent avec leur fausse identité, parmi nous. Nous allons continuer de travailler avec l’espoir de retrouver tous nos petits-fils et petites-filles. Ils peuvent être n’importe où dans le monde », a déclaré Estela de Carlotto. « C’est un travail de patience et d’amour ». « Nous recommençons à rêver », a-t-elle conclu en référence à la chanson fétiche des supporters argentins au Mondial, « Muchachos ». Selon les estimations des ONG de défense des droits humains, quelque 30.000 personnes sont mortes ou ont disparu pendant la dictature.

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